copiii si calculatorulArticol scris de Liliana Băloi | IMPULS, nr. 1

         Alors que la plupart des pays développés introduisent de plus en plus fréquemment  l’ordinateur dans les salles de classe, que la plupart des gouvernements se glorifient de leurs programmes d’équipement scolaire, une association américaine de protection de l’enfance vient de jeter un pavé dans la mare en publiant un rapport qui pointe les effets nocifs de l’ordinateur sur les plus jeunes élèves.

          Les auteurs du rapport rappellent en effet que la plupart des études constatent une faible amélioration des résultats aux exercices lorsque l’élève s’entraîne sur un ordinateur. Plus profondément, l’association pointe les effets néfastes que peut avoir la pratique intensive de l’informatique sur les plus jeunes enfants.

           Outre une sédentarisation accrue propice au développement de l’obésité, l’informatique a tendance à isoler les enfants en les coupant de tout contact inter-personnel avec d’autres enfants ou des adultes.

            Enfin, si l’ordinateur permet d’être „connectés”, ce n’est certainement pas avec le monde réel mais sur des univers artificiels ou virtuels qui sont dans un rapport de représentation par rapport au monde concret. Forte de ces diagnostics posés par d’éminents pédiatres, l’association appelle à un moratoire immédiat sur l’informatisation des écoles primaires et dénonce la pression de la part de l’industrie informatique, relayée par le gouvernement fédéral pour imposer l’ordinateur aux plus jeunes enfants, et ce pour des motifs commerciaux.Ce serait une erreur cependant de considérer que cette association développe des positions purement technophobes.

          Dans la plupart de ces déclarations elle reconnaît les apports de l’outil informatique lorsque celui-ci est utilisé par les adultes et adolescents, c’est-à-dire des individus dont le développement intellectuel leur permet d’en tirer pleinement profit. Mais, rappellent plusieurs pédiatres, le développement du jeune enfant passe par une confrontation avec le monde réel, par la manipulation d’objets physiques, par l’échange avec des êtres de chair, par une activité physique qu’aucun ordinateur ne remplacera. Cela fait longtemps en effet que l’on sait combien la maîtrise corporelle, qui s’acquiert par le jeu „physique”, est une étape indispensable au développement postérieur des facultés purement intellectuelles.

          Finalement, les sommités médicales convoquées pour la circonstances rappellent une évidence: les enfants ont besoin de jouer, de crier, de courir et de se dépenser; ils ont besoin d’attention, d’affection et d’opposition de la part de leur entourage.